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Transpalette manuel ou électrique : à partir de quand l’électrique se justifie

La question revient chaque fois qu’un transpalette manuel arrive en fin de vie. Faut-il le remplacer à l’identique, ou passer à l’électrique pour plusieurs fois le prix ? La plupart des réponses tournent autour du confort, ce qui ne décide rien. Il existe pourtant une méthode d’arbitrage chiffrée, publiée par la SUVA, et elle est peu utilisée.

Accès direct au catalogue. Nos transpalettes manuels et nos transpalettes électriques, dont la gamme Pramac Lifter. La suite donne la méthode pour savoir lequel votre poste justifie vraiment.

La grille qui remplace l’intuition

La SUVA publie sous la référence 88293 un questionnaire intitulé Poussée et traction de moyens auxiliaires, analyse des contraintes physiques, complété par une instruction d’évaluation portant la référence 88293-1. Elle y précise une chose qui évite de mal lire les chiffres : les forces sont normalement mesurées en newtons, mais l’évaluation des contraintes corporelles utilise le kilogramme comme unité de mesure, car le dynamomètre est l’instrument le plus simple à utiliser pour mesurer la force déployée en cas de poussée, traction ou freinage.

La valeur qui entre dans la grille est la force initiale, celle qu’il faut produire pour mettre l’engin chargé en mouvement. Ce n’est ni le poids de la charge, ni l’effort de maintien une fois le mouvement lancé.

Force initialeFemmesHommes
Classe 10 à 7 kg0 à 12 kg
Classe 27 à 15 kg12 à 25 kg
Classe 3plus de 15 kgplus de 25 kg

Cette force se croise avec le nombre de manœuvres par heure, en trois classes : moins de 5 fois par heure, 5 à 12 fois par heure, plus de 12 fois par heure. La fréquence se compte toujours par heure, jamais par jour ni par semaine, et c’est la cadence horaire du poste qu’il faut relever. Les deux axes sont indépendants et donnent neuf combinaisons. La SUVA indique que les cases repérées en vert signalent de faibles sollicitations, celles en jaune des sollicitations élevées, celles en rouge des sollicitations importantes.

Le domaine de validité, à lire avant tout. Le document pose comme conditions générales que le sol soit propre, sec et non glissant, et qu’il soit plat ou ne présente pas une déclivité supérieure à 5 pour cent. Sur une rampe de quai, un sol dégradé ou des joints de dalle marqués, la grille ne s’applique donc plus telle quelle : les contraintes réelles y sont supérieures à ce qu’elle mesure, et la décision doit reposer sur une analyse de risque propre au poste. Autant le savoir avant de remplir le formulaire.

Comment mesurer sans matériel de laboratoire

Un dynamomètre à main suffit. On mesure la force initiale, à vide puis en charge, et il est utile de relever aussi la force de maintien pour comprendre le poste, même si c’est la force initiale qui se reporte dans la grille. Elle lui est en général nettement supérieure, dans un rapport qui dépend du sol et des roues et qu’aucun document ne fixe.

Une précision de méthode souvent négligée : l’instruction demande de conduire l’évaluation avec au moins trois collaborateurs de sexe et de constitutions physiques différents. Une mesure prise sur un seul opérateur, en général le plus costaud de l’équipe, ne dit rien du poste.

Trois paramètres font monter la force initiale sans figurer sur aucune fiche produit : l’état du sol, en particulier les joints de dalle et les seuils, la nature des roues et leur diamètre, et la pente. Sur une rampe de quai, un transpalette manuel chargé devient un engin que l’on retient plus qu’on ne le pousse. C’est la situation où l’électrique cesse d’être un confort, et c’est aussi celle que la grille SUVA ne couvre pas.

Ce que dit la réglementation suisse sur la conduite

Beaucoup d’entreprises croient qu’un transpalette électrique impose un permis de cariste. Il n’existe d’ailleurs pas de permis de cariste en droit suisse, et la directive de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail est précise sur ce qui est exigé.

La directive 6518 distingue deux catégories. La catégorie R regroupe les chariots élévateurs à contrepoids, à siège transversal, à haute levée, à prise latérale, quadridirectionnels et les chariots télescopiques. La catégorie S regroupe les tracteurs, les transpalettes et gerbeurs, et les chariots préparateurs de commandes. Les transpalettes forment la sous-catégorie S2.

Pour la catégorie S, la directive indique que l’utilisation ne comporte pas de dangers particuliers et que, par conséquent, une instruction des opérateurs s’avère suffisante. Pour la catégorie R, il faut une formation avec examen, sanctionnée par une attestation. L’instruction de catégorie S n’est pas pour autant informelle.

  • L’instruction doit être documentée. La directive demande une documentation indiquant au minimum le nom des personnes instruites et des instructeurs, la date de l’instruction et son contenu.
  • L’instructeur doit être désigné et qualifié. L’employeur fait assurer l’instruction soit par un expert de l’entreprise spécialement désigné, soit par le formateur d’un établissement de formation. L’expert interne doit avoir 23 ans révolus et au moins trois ans d’expérience dans l’utilisation de chariots de manutention. C’est l’exigence la plus souvent oubliée dans une PME.
  • L’âge minimal de l’opérateur est de 15 ans pour la catégorie S, sans exception prévue. Il est de 18 ans pour la catégorie R. Le seuil de 23 ans vise l’instructeur, jamais l’opérateur, et les deux chiffres sont régulièrement confondus.
  • Attention aux versions à conducteur porté. La directive range en catégorie S les chariots de manutention à conducteur porté debout ou à plateforme de conduite. Un engin à conducteur assis levant au-dessus de la tête bascule en catégorie R, donc en formation avec examen.

Le vrai coût de l’électrique n’est pas le prix d’achat

L’écart d’achat entre un transpalette manuel et un transpalette électrique se compte en multiples, pas en pourcentages, et il s’élargit encore vers les modèles à double motorisation levée et traction. Nous ne donnons pas de multiple chiffré ici, parce que nos prix et nos actions commerciales évoluent. Demandez nous le prix du jour sur les deux configurations que vous comparez, à capacité réellement équivalente.

Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la structure de l’écart. Le prix d’achat n’est qu’une partie du sujet : sur la durée, trois postes pèsent davantage.

Plomb ou gel

Moins cher, plus contraignant

La charge d’accumulateurs au plomb dégage par électrolyse de l’hydrogène et de l’oxygène, qui forment un mélange explosible.

L’emplacement doit être ventilé pour maintenir la concentration d’hydrogène sous 4 pour cent en volume, et aucune source d’inflammation ne doit se trouver dans un rayon d’un mètre autour de la batterie.

Lithium

Plus cher, plus souple

Recharge partielle possible sans dommage, ce qui permet de brancher pendant la pause plutôt que la nuit. Batterie souvent amovible, donc un pack de rechange remplace un second engin.

Recharge annoncée en deux heures et demie sur nos gammes Stockman Atom et Edge.

La SUVA publie sur ce point une liste de contrôle dédiée, la référence 67119 consacrée aux mesures de ventilation et à l’entretien pour les accumulateurs au plomb. C’est le document à utiliser pour cadrer un local de charge, plutôt que de se référer de mémoire à une norme.

Le troisième poste est le plus difficile à chiffrer et le plus lourd : les troubles musculo-squelettiques. Ils ne se voient pas dans un budget d’investissement, et ils se paient ailleurs.

Trois situations qui tranchent

Le manuel reste le bon choix quand les déplacements sont courts, occasionnels, sur sol lisse et de plain-pied, et que les charges restent bien en dessous de la capacité nominale. Un transpalette manuel bien entretenu dure des années et ne tombe jamais en panne de batterie un vendredi soir.

L’électrique s’impose dès qu’il y a une pente, même faible, dès que les rotations dépassent la douzaine par heure, ou dès qu’il faut charger et décharger des camions à quai. Il s’impose aussi lorsque le sol est dégradé, parce que c’est là que la force initiale monte le plus.

Entre les deux, il existe une marche intermédiaire souvent oubliée : le transpalette manuel à levée rapide. Six coups de pompe au lieu de douze pour la même levée de 200 mm, pour un supplément modeste sur un engin par ailleurs identique. Sur un poste où la levée est le geste répété, c’est un très bon rapport entre l’effort gagné et le franc investi.

Une donnée que nos fiches ne publient pas toujours. À la date de publication, l’autonomie, la vitesse et la largeur hors tout ne figurent pas sur la plupart de nos fiches électriques. Elles sont dans les fiches techniques des fabricants. Si votre allée fait moins d’un mètre ou si vous devez tenir une journée sans recharge, demandez nous ces valeurs plutôt que de les estimer.

Notre gamme

Transpalette manuel Stockman AC25CBV, capacité 2500 kg

Manuel

Stockman AC25CBV

2500 kg, levée de 200 mm en douze coups de pompe, fourches de 1150 mm sur 540 mm de largeur extérieure, roues directrices de 200 x 50 mm, 74 kg.

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Transpalette manuel à levée rapide Stockman AC25QL, capacité 2500 kg

Levée rapide

Stockman AC25QL

Mêmes cotes que le modèle précédent, mais six coups de pompe au lieu de douze pour la même levée de 200 mm. La marche intermédiaire quand la levée est le geste répété.

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Transpalette électrique lithium ATOM 1500 kg Stockman PTE15Q2-B

Électrique lithium

Stockman ATOM PTE15Q2-B

1500 kg, batterie lithium-ion 24 V de 20 Ah amovible avec gestion électronique, recharge en deux heures et demie, timon ergonomique à vérin à gaz et braquage à 90 degrés. 125 kg.

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Transpalette électrique Stockman Edge PTE15N et PTE20N, 1500 et 2000 kg

Autonomie publiée

Stockman Edge PTE15N et PTE20N

1500 ou 2000 kg, lithium-ion, recharge en deux heures et demie et environ trois heures d’autonomie annoncée. Quatre dimensions de fourches, 540 x 800, 540 x 1150, 540 x 1500 et 685 x 1150 mm.

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Les rubriques complètes réunissent les transpalettes manuels et spéciaux, dont les versions courtes, longues et à fourches spécifiques, et les transpalettes électriques. Lorsque le besoin porte sur la mise en rayonnage plutôt que sur le transport, ce sont les gerbeurs qu’il faut regarder, et si la charge doit être pesée pendant le transport, les transpalettes peseurs. Notre comparatif entre gerbeur et transpalette traite le cas où la charge doit aussi être mise en hauteur.

Questions fréquentes

Faut-il un permis pour conduire un transpalette électrique ?

Le droit suisse ne connaît pas de permis de cariste. La directive 6518 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail classe les transpalettes en catégorie S, où une instruction des opérateurs suffit, sans formation avec examen. Cette instruction doit toutefois être documentée, avec le nom des personnes instruites et des instructeurs, la date et le contenu, et elle doit être dispensée par un expert désigné de l’entreprise ou par un établissement de formation.

À partir de quel âge peut-on utiliser un transpalette ?

La directive fixe l’âge minimal à 15 ans pour la catégorie S, sans exception prévue. Le seuil de 18 ans concerne la catégorie R, celle des chariots élévateurs. Le seuil de 23 ans, souvent cité par erreur comme condition pour l’opérateur, vise l’expert qui dispense l’instruction, lequel doit en outre justifier de trois ans d’expérience au minimum.

Comment savoir si mon poste justifie un transpalette électrique ?

Mesurez la force initiale de poussée avec un dynamomètre à main, à vide puis en charge, avec au moins trois collaborateurs de sexe et de constitutions différents. Comptez le nombre d’opérations par heure. Reportez les deux valeurs dans la grille de l’instruction d’évaluation SUVA 88293-1. Attention, cet outil suppose un sol propre, sec et de déclivité inférieure à 5 pour cent : sur une rampe ou un sol dégradé, il faut passer par une analyse de risque du poste.

Lithium ou plomb, que choisir ?

Le lithium accepte la recharge partielle sans dommage, ce qui permet de brancher pendant les pauses au lieu d’immobiliser la nuit, et il évite les contraintes de local ventilé liées au dégagement d’hydrogène lors de la charge d’accumulateurs au plomb. Le plomb ou le gel restent moins chers à l’achat et se justifient sur un usage léger avec une charge nocturne régulière, à condition de cadrer le local de charge selon la liste de contrôle SUVA 67119.

Un transpalette manuel peut-il être utilisé sur une rampe ?

C’est la situation la plus accidentogène, parce que l’opérateur ne pousse plus la charge, il la retient. La pente et le poids se cumulent, et une charge qui part n’est plus rattrapable. C’est aussi une situation que la grille d’évaluation SUVA ne couvre pas, puisqu’elle suppose un sol de déclivité inférieure à 5 pour cent. Dès qu’une rampe entre dans le circuit quotidien, le passage à l’électrique cesse d’être un arbitrage de confort.

Un doute entre manuel et électrique ?

Dites-nous la charge type, le nombre de rotations par heure, l’état du sol et la présence de pentes ou de quais. Nous vous dirons si l’électrique nous paraît se justifier sur votre poste, et si oui, sur quelle technologie de batterie.

Demander un devis

Sources citées : CFST, Directive pour la formation et l’instruction des conducteurs de chariots de manutention, réf. 6518.F, édition 2017, chiffres 3.3, 5.1, 5.2.2, 6.1, 6.2.2, 6.3.1, 6.5.2, 7.1.1, 8.1.1 et 8.1.2 ; SUVA, Tirer et pousser des charges, instruction d’évaluation des contraintes, réf. 88293-1.F, édition 2019, et questionnaire Poussée et traction de moyens auxiliaires, analyse des contraintes physiques, réf. 88293.F ; SUVA, Liste de contrôle, mesures de ventilation et entretien pour les accumulateurs au plomb, réf. 67119.F ; Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, RS 822.113, article 25 ; Ordonnance sur la prévention des accidents, RS 832.30, articles 6, 7 et 8 ; norme SN EN 62485-3 sur les batteries de traction, dans son édition en vigueur à la date de publication. Les caractéristiques produits proviennent de notre catalogue à la date de publication. Les prix et les promotions évoluent et ne sont pas repris dans ce guide. Ce guide ne se substitue ni à ces documents, ni à l’analyse des risques propre à votre poste de travail.

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