Entrepot Tecram, manutention et stockage de materiel
Generic filters

Transpalette peseur, inox ou ATEX : quelle version pour quel environnement

Un transpalette manuel standard, c’est un produit simple, et le prix suit. Dès qu’on ajoute une balance, de l’inox ou une certification pour zone explosive, on change de monde, et le budget est multiplié par trois, par six ou par seize. Ces surcoûts sont justifiés quand l’usage les impose, et parfaitement inutiles sinon. Voici comment savoir de quel côté vous êtes. Si vous hésitez encore entre un transpalette et un gerbeur, notre comparatif gerbeur ou transpalette répond d’abord à cette question-là.

Accès direct au catalogue. Nos transpalettes peseurs, notre gamme inox et nos transpalettes ATEX pour zones explosives. La suite explique pourquoi ces trois familles ne se croisent que deux à deux.

Trois exigences qui ne se croisent pas toujours

Autant le dire tout de suite, parce que c’est la première déception de beaucoup de projets. Pesage, inox et ATEX se combinent deux à deux, mais pas les trois ensemble, et pas dans toutes les combinaisons.

  • Pesage et inox. Cela existe. Nous avons une référence au catalogue, un transpalette peseur en AISI 304 avec capteurs inox.
  • Inox et ATEX. Cela existe aussi, sur trois références, deux transpalettes et un gerbeur, toutes intégralement en inox et toutes manuelles.
  • Pesage et ATEX. Aucune combinaison dans notre gamme standard, et ce n’est pas un oubli. L’électronique de pesage et sa batterie sont précisément ce qu’une zone classée complique. Les versions qui existent sur le marché reposent sur un indicateur de pesage certifié et sur une batterie extractible dont la recharge doit se faire hors zone.

Quand le besoin est vraiment de peser en zone classée, il reste deux voies. Une commande spéciale hors catalogue, avec les délais que cela suppose. Ou, plus souvent, une réorganisation du flux qui sort le poste de pesage de la zone. La seconde est en général meilleure et moins chère.

Le pesage : ce qui compte, c’est l’usage, pas l’appareil

C’est le point le plus mal compris de tout le sujet. En droit suisse, un instrument de mesure n’est pas soumis à la réglementation parce qu’il pèse, mais parce qu’on s’en sert pour certaines finalités. L’ordonnance sur les instruments de mesure en liste cinq : les transactions commerciales portant notamment sur des biens et des services, la santé de l’homme et des animaux, la protection de l’environnement, la sécurité publique et la détermination officielle de faits matériels. Une seconde condition s’y ajoute, cumulative : il faut que le Département fédéral de justice et police ait édicté une ordonnance spécifique à l’instrument, ce qui est le cas des instruments de pesage à fonctionnement non automatique.

Hors champ

Contrôle interne

Autocontrôle qualité, répartition de charge, suivi de stock, sécurité de manutention, contrôle de production.

Ni vérification initiale, ni vérification ultérieure, ni annonce au canton. Reste un étalonnage volontaire si votre certification qualité ou votre client l’exige.

Soumis

Transaction et prescriptions légales

Facturation au poids, vente, expédition facturée, déclaration douanière, taxe au poids, application de prescriptions légales.

Annonce obligatoire à l’autorité cantonale, vérification initiale, puis vérification ultérieure dans les délais.

Attention aux cas limites. Dès que la pesée sert à confectionner des préemballages, à contrôler la quantité déclarée d’un préemballage ou à calculer une taxe ou une redevance prévue par une prescription légale, l’instrument retombe dans le champ, même s’il ne quitte jamais l’atelier. Et vérification n’est pas étalonnage : la vérification est un acte officiel, exécuté par l’office cantonal de vérification ou par un laboratoire habilité par l’Institut fédéral de métrologie. L’étalonnage est une prestation privée de traçabilité, indispensable pour une certification ISO, IFS ou BRC et pour l’autocontrôle, mais il ne remplace jamais la vérification et n’ouvre aucun usage en transaction. En cas de doute sur votre situation, l’office cantonal est seul compétent pour trancher.

L’exception suisse qui vise nommément les transpalettes

Voici le point que presque aucun distributeur ne relaie, et qui change la donne pour un exploitant. La plupart des instruments de pesage soumis sont vérifiés tous les deux ans. Mais l’ordonnance sur les instruments de pesage à fonctionnement non automatique prévoit une liste d’instruments à vérification annuelle, et cette liste cite textuellement les instruments de pesage installés dans un transpalette ou dans un chariot de manutention.

Autrement dit, un transpalette peseur utilisé pour une transaction commerciale relève du régime annuel, pas du régime biennal des balances de magasin. La logique est celle qui s’applique aussi aux instruments en lieu humide dans les abattoirs et les entreprises chimiques : l’environnement est sévère, les chocs et les charges dynamiques font dériver la mesure plus vite. Le rapport d’exécution de l’Institut fédéral de métrologie donne d’ailleurs un ordre de grandeur qui donne à réfléchir. En 2024, sur les 48 753 instruments de pesage soumis à vérification ultérieure en Suisse et au Liechtenstein, 9,7 pour cent ont été contestés pour un motif métrologique, une proportion en hausse par rapport à l’année précédente.

En pratique, cela veut dire une ligne de plus dans votre plan de maintenance, et un interlocuteur à identifier. Pour le canton de Vaud, c’est le Bureau cantonal des poids et mesures, à Lausanne, qui traite les annonces d’instruments et les vérifications.

Précision annoncée et métrologie légale, deux grandeurs différentes

Les fiches techniques annoncent une précision commerciale, en pourcentage. Attention, les bases de calcul diffèrent d’un constructeur à l’autre et les chiffres ne sont pas comparables tels quels. Pramac annonce 0,05 pour cent du poids pesé, une erreur qui décroît avec la charge. Stockman annonce sur certains modèles 0,2 pour cent de la capacité nominale, une erreur absolue constante : 0,2 pour cent de 1200 kilos font 2,4 kilos aussi bien à pleine charge qu’à 100 kilos. Pour comparer deux modèles, ramenez toujours l’annonce à une erreur absolue à la charge qui vous intéresse réellement.

Surtout, aucun de ces pourcentages n’est une tolérance de métrologie légale. Celle-ci s’exprime en classes d’exactitude, de I à IIII, et en échelons de vérification. Les transpalettes peseurs et les balances industrielles homologués relèvent en pratique de la classe III, la classe usuelle du commerce courant, mais c’est l’approbation de type qui fixe la classe, et un modèle sans approbation de type ne relève d’aucune classe légale. L’échelon de vérification, noté e, est l’échelon légal auquel se rapportent les erreurs maximales tolérées. Il se distingue de l’échelon réel, noté d, qui est la différence entre deux valeurs affichées consécutives. Sur un instrument non homologué, seul d existe : un fabricant qui annonce une division annonce un d, jamais un e. Un afficheur au kilo près ne prouve donc rien à lui seul.

La conséquence pour l’acheteur est nette. Un transpalette annoncé à 0,1 pour cent de 2000 kilos, soit 2 kilos, n’est pas pour autant homologué. Pour être utilisé dans une transaction commerciale en Suisse, l’instrument doit avoir été soumis à une procédure d’évaluation de la conformité et porter le marquage prévu par l’ordonnance sur les instruments de mesure, être annoncé à l’office de vérification compétent, subir la vérification initiale, puis les vérifications ultérieures. Dans notre gamme, seule la référence peseur inox est proposée avec l’option d’homologation, tarifée à part au même titre que l’imprimante. Les autres modèles peseurs sont destinés au contrôle interne et ne peuvent pas être vérifiés pour une transaction commerciale. Si votre usage est soumis, ce n’est donc pas une option mais un critère de choix du modèle.

Inox : 304 ou 316, et pourquoi cela se joue sur le molybdène

Un point de vocabulaire d’abord. La loi suisse ne prescrit pas l’inox nommément. L’ordonnance du DFI sur l’hygiène exige un résultat : dans les zones où sont réalisées des activités en lien avec des denrées alimentaires, les surfaces doivent être parfaitement entretenues, faciles à nettoyer et à désinfecter si nécessaire, et composées de matériaux lisses, résistants à l’abrasion, résistants à la corrosion et non toxiques. D’autres matériaux restent admis, mais la charge de la preuve pèse alors sur l’exploitant, qui doit démontrer à l’autorité cantonale que le matériau retenu est approprié. L’inox est la façon habituelle d’y arriver, pas une obligation en soi.

Entre les deux nuances courantes, la différence tient à un élément d’alliage. Le 316 et le 316L contiennent 2 à 3 pour cent de molybdène, absent du 304. C’est lui qui apporte la résistance aux chlorures et aux acides réducteurs. Le L de 316L signale une teneur en carbone abaissée, au maximum 0,030 pour cent contre 0,07, ce qui limite la sensibilisation de la zone soudée.

NuanceCe qui la distingueEnvironnements
AISI 304Inox austénitique standard, sans molybdèneAgroalimentaire sec ou peu agressif, laiterie, boulangerie, milieu humide sans sel
AISI 316 et 316L2 à 3 pour cent de molybdène, carbone abaissé sur le LSaumure, poissonnerie, salaison, fromagerie, produits chlorés de désinfection, acides, pharmaceutique

La bonne nouvelle, c’est que l’arbitrage est peu coûteux. Sur une même référence de notre catalogue, disponible dans les deux nuances, le passage du 304 au 316 représente un surcoût d’environ dix-huit pour cent. Face au risque de piqûration par les chlorures en poissonnerie ou en salaison, le calcul est vite fait. La vraie décision budgétaire n’est pas là. Elle est dans le passage de l’acier peint à l’inox 304, qui représente un facteur 6,3 à capacité comparable.

Deux réflexes d’entretien. L’inox doit sa résistance à une fine couche passive d’oxyde de chrome, qui se reforme spontanément au contact de l’oxygène. Un outillage en acier ordinaire, une brosse métallique non dédiée ou des copeaux ferreux déposent des particules de fer qui rouillent en surface et amorcent une corrosion localisée. En présence de chlorures, ces amorces évoluent en piqûres. Prévoyez donc un outillage et des brosses réservés à l’inox. Et vérifiez l’indice de protection réel du modèle avant d’annoncer à vos équipes qu’elles peuvent le laver au jet haute pression : ce n’est pas systématiquement documenté par les constructeurs.

ATEX : ce que la Suisse reconnaît, et ce qui reste à votre charge

La Suisse n’étant pas dans l’Union européenne, la question revient souvent. La réponse est rassurante. L’ordonnance sur les appareils et les systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles renvoie aux exigences essentielles de la directive européenne, avec les mêmes groupes et les mêmes catégories. Elle précise que l’obligation d’apposer le marquage CE ne s’applique pas, et que si ce marquage est déjà apposé conformément aux prescriptions de l’Union européenne, il n’est pas nécessaire de l’enlever. Un transpalette certifié selon la directive ATEX est donc recevable ici, à trois conditions de forme : une déclaration de conformité rédigée dans une langue officielle suisse ou en anglais, une notice d’utilisation jointe au produit dans la langue du lieu de mise à disposition, et un dossier technique disponible et conservé.

Le zonage, en revanche, reste à la charge de l’exploitant. C’est l’employeur qui classe ses zones et établit son document relatif à la protection contre les explosions, en application des articles 29 et 36 de l’ordonnance sur la prévention des accidents et du feuillet SUVA de référence en la matière. Le fournisseur ne peut que livrer un appareil de la catégorie adéquate. Acheter un appareil de catégorie 2 pour une zone 0 est une erreur d’arbitrage que le marquage ne corrigera pas.

Zone gazZone poussièresPrésence de l’atmosphère explosiveCatégorie requise
Zone 0Zone 20Permanente, longues périodes ou fréquente1G ou 1D
Zone 1Zone 21Occasionnelle en fonctionnement normal2 ou 1
Zone 2Zone 22Improbable, et de courte durée si elle survient3, 2 ou 1

Nos trois engins antidéflagrants, deux transpalettes et un gerbeur, couvrent les zones 1 et 21. Un appareil de catégorie 2 admis en zones 1 et 21 est a fortiori admis en zones 2 et 22, l’inverse étant faux. Aucun ne couvre les zones 0 et 20. Concrètement, un transpalette utilisable en zone se reconnaît à ses roues antistatiques, à l’absence de source d’inflammation mécanique, à la continuité électrique de la structure jusqu’aux roues et à sa classe de température.

L’échelle des prix, en un coup d’oeil

Les rapports ci-dessous sont calculés sur les prix affichés dans notre catalogue en ligne au moment de la rédaction, en prenant pour base un transpalette manuel standard de 2500 kilos. Ils donnent un ordre de grandeur fiable, même si les tarifs évoluent. Ce ne sont pas des prix, et ils ne valent pas offre.

PassageFacteur
Manuel standard vers peseur manuelx 3
Manuel standard vers inox 304x 6,3
Inox 304 vers inox 316, à référence identique+ 18 pour cent
Peseur manuel vers peseur inoxx 5,7
Peseur inox vers peseur inox homologué+ 12 pour cent

Nos trois références antidéflagrantes ne sont pas tarifées en ligne. Elles passent par un devis, parce que la configuration et la documentation de conformité se traitent au cas par cas.

Notre sélection

Transpalette peseur manuel Pramac Lifter PX 25, 2500 kg

Peseur

Pramac Lifter PX 25

2500 kg, plage de 6 à 2500 kg, division de 0,5 kg, précision de 0,05 pour cent. Fourches de 1185 mm.

Voir la fiche

Transpalette manuel inox 304 et 316 Stockman HPESE25S, 2500 kg

Inox

Stockman HPESE25S

2500 kg en AISI 304 ou AISI 316, avec versions courte et large en 316, pompe hydraulique monobloc totalement étanche. Chimie et alimentaire.

Voir la fiche

Transpalette peseur inox Pramac Lifter GS/P EVO 25 S4

Peseur et inox

Pramac GS/P EVO inox 25 S4

2500 kg en AISI 304, capteurs inox, division de 0,5 kg, précision de 0,05 pour cent. Imprimante et homologation de métrologie légale en option.

Voir la fiche

Transpalette manuel antidéflagrant en inox Logitrans Panther Inox Plus ATEX

ATEX

Logitrans Panther Inox Plus ATEX

2000 kg, intégralement inox, deux roues antistatiques en vulkollan, zones 1 et 21, couvrant aussi les zones 2 et 22.

Voir la fiche

L’ensemble de nos versions spéciales est regroupé dans la rubrique équipements inox, avec une sous-rubrique dédiée aux zones explosives. La gamme complète des transpalettes peseurs est également en ligne.

Questions fréquentes

Mon transpalette peseur doit-il être vérifié officiellement ?

Seulement s’il sert à l’une des finalités soumises, en premier lieu une transaction commerciale, une facturation au poids ou l’application de prescriptions légales. Pour un contrôle interne de production ou un suivi de stock, il n’est pas soumis et aucune vérification n’est exigée.

À quelle fréquence la vérification a-t-elle lieu ?

Tous les ans. L’ordonnance suisse sur les instruments de pesage à fonctionnement non automatique cite nommément les instruments de pesage installés dans un transpalette ou dans un chariot de manutention parmi les instruments à vérification ultérieure annuelle, alors que le régime général est de deux ans pour les autres instruments de pesage.

Faut-il du 304 ou du 316 ?

Le 316 se justifie dès qu’il y a des chlorures ou des acides : saumure, poissonnerie, salaison, produits chlorés de désinfection, pharmaceutique. Le 304 suffit en agroalimentaire sec ou peu agressif. Le surcoût du 316 est de l’ordre de dix-huit pour cent, ce qui rend l’arbitrage rarement discutable quand le doute existe.

Une certification ATEX européenne est-elle valable en Suisse ?

Oui. L’ordonnance suisse renvoie aux exigences essentielles de la directive européenne. Le marquage CE n’est pas obligatoire en Suisse et il n’est pas nécessaire de l’enlever s’il est déjà apposé. Restent à fournir la déclaration de conformité et la notice dans une langue officielle. Le classement des zones et le document relatif à la protection contre les explosions demeurent de la responsabilité de l’exploitant.

Une version spéciale à définir ?

Dites-nous ce que vous manipulez, dans quel environnement et à quelle fin le poids sera utilisé. Nous vous dirons si votre usage est soumis, quelle nuance d’inox est nécessaire et quelle catégorie ATEX correspond à votre zonage.

Demander un devis

Sources réglementaires citées : Ordonnance sur les instruments de mesure, RS 941.210, articles 3, 21 et 24 ; Ordonnance sur les instruments de pesage à fonctionnement non automatique, RS 941.213, articles 2, 6, 15 et 18 ; Ordonnance du DFI sur l’hygiène, RS 817.024.1, articles 7 et 13 ; Ordonnance sur les appareils et les systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles, RS 734.6 ; SUVA, Prévention des explosions, principes, prescriptions minimales, zones, réf. 2153.F ; Bureau cantonal vaudois des poids et mesures ; Institut fédéral de métrologie, rapport annuel 2024 sur l’exécution de la loi sur la métrologie. Prix et caractéristiques issus de notre catalogue en ligne, sous réserve de modification. Ce guide est un document d’orientation : la qualification d’un usage au regard de la métrologie légale relève de l’office cantonal de vérification, et le classement des zones explosibles de l’exploitant.

Conditions générales | Politique de confidentialité et cookies | Suivez-nous : logo LinkedIn logo Instagram