La demande arrive souvent avec le même vocabulaire : un échafaudage électrique, un échafaudage motorisé, un échafaudage qui monte tout seul. Nous comprenons le besoin derrière la formule. Mais avant de chiffrer, nous posons une question qui remet souvent le projet à l’endroit : cherchez-vous à supprimer le montage, ou à supprimer la descente ?
Motorisé, électrique : des mots qui ne viennent d’aucune norme
À notre connaissance, aucun référentiel ne définit une catégorie appelée échafaudage électrique. Le texte des échafaudages roulants est la norme SN EN 1004-1:2020, pour les matériaux, les dimensions, les calculs de charge et les exigences de performance et de sécurité, complétée par EN 1004-2:2021 pour le manuel d’instructions. C’est un vocabulaire commercial, pas normatif.
Ce que le marché appelle échafaudage motorisé désigne une machine dont la plateforme se positionne en hauteur par un mécanisme électrique alimenté par batteries. La conséquence est concrète : sur ce type de matériel, la déclaration de conformité du fabricant peut renvoyer à plusieurs référentiels. Notre gamme Alulift est annoncée conforme aux normes EN 1004 et EN 280, cette dernière étant celle des plates-formes élévatrices mobiles de personnel, et porteuse du marquage CE.
La règle qui structure le travail en échafaudage roulant
Sur un chantier, l’article 65 alinéa 3 de l’ordonnance sur les travaux de construction pose deux règles en deux phrases. Les échafaudages roulants doivent être sécurisés contre tout déplacement intempestif. Personne ne peut se trouver sur l’échafaudage durant son déplacement.
Le texte ne précise pas la nature du déplacement visé. Il est généralement compris comme visant le déplacement de la tour elle-même, mais l’ordonnance ne le dit pas, et cette lecture n’engage que nous. En cas de doute, tenez-vous à la notice du fabricant et à l’avis de l’organe d’exécution.
Ce que la motorisation supprime réellement
Changer de hauteur, c’est démonter
Pour passer d’un niveau de travail à un autre, il faut redescendre, déplacer ou remonter des cadres, repositionner le plancher et les garde-corps, puis recontrôler la stabilité.
Sur un chantier où la hauteur utile varie sans arrêt, ce sont ces manipulations répétées qui consomment le temps, pas la montée elle-même.
Changer de hauteur, c’est appuyer
La plateforme se positionne électriquement à la hauteur voulue, sans redescendre l’ensemble ni toucher à la structure.
Le gain est proportionnel au nombre de changements de niveau par journée. Sur un poste à hauteur unique, il est nul.
Si votre chantier type consiste à travailler quatre heures à la même hauteur, un échafaudage roulant classique bien dimensionné fera le travail pour une fraction du budget. Si votre équipe change de niveau dix fois par jour sur une façade, une nef ou un plafond technique, l’arbitrage bascule vite.
Quatre manières de gagner de la hauteur
Les quatre familles ci-dessous répondent au même besoin par des logiques différentes. Les valeurs proviennent de nos fiches produits.
| Famille | Hauteur de plateforme | Poids | Ce qu’elle résout |
|---|---|---|---|
| Télescopique pliant | 0,33 à 2,00 m sur 7 positions | environ 55 kg | Le transport et le stockage, montage en deux pièces |
| Roulant et pliant | 2,00 m ou 2,80 m | 62 à 72 kg | Le déploiement rapide par une seule personne |
| Roulant modulaire | 2,10 à 5,20 m | 67 à 139 kg | La hauteur et la surface de plancher |
| Plateforme motorisée | 1,00 à 8,00 m en série S, 1,00 à 12,00 m en séries M et XL, 8,00 m maximum en extérieur | non publié | Les changements de niveau répétés |
Le poids n’est pas une donnée annexe, c’est souvent le vrai critère d’usage. Un échafaudage de 55 kg tient dans un véhicule utilitaire et se manipule seul, un ensemble de 139 kg suppose une logistique et deux personnes. Avant de regarder la hauteur maximale, regardez qui va sortir la machine du camion, et combien de fois par semaine.
Les contrôles exigés en Suisse
Deux ordonnances se superposent ici, et c’est la première chose à comprendre. L’ordonnance sur la prévention des accidents s’applique à toutes les entreprises dont les travailleurs exécutent des travaux en Suisse. L’ordonnance sur les travaux de construction s’ajoute à elle sur les chantiers, et renvoie d’ailleurs elle-même à l’ordonnance sur la prévention des accidents pour son exécution, à son article 121. Les deux textes sont cumulatifs, jamais alternatifs.
- Après chaque montage, un contrôle consigné. L’article 32a alinéa 3 de l’ordonnance sur la prévention des accidents impose que les équipements de travail utilisés sur différents sites soient soumis après chaque montage à un contrôle de leur installation correcte, de leur parfait fonctionnement et de leur utilisation conforme, et que les résultats soient consignés. Le guide de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail cite expressément les échafaudages roulants au titre de cette disposition. C’est un contrôle par implantation, pas un contrôle annuel, mais il doit être tracé.
- Avant utilisation, la stabilité. Sur les chantiers, l’article 65 alinéa 1 de l’ordonnance sur les travaux de construction demande que la stabilité soit contrôlée avant utilisation, en tenant compte du genre de travail à exécuter et des conditions du sol.
- Chaque jour, le contrôle visuel. L’article 61 alinéa 1 met à la charge de l’employeur un contrôle visuel quotidien de l’échafaudage de service. S’il présente des défauts, il ne peut pas être utilisé.
- La hauteur d’intervention prévue par la notice. L’article 65 alinéa 2 interdit de dépasser la hauteur maximale d’intervention indiquée dans les instructions d’utilisation. C’est le document du fabricant qui fixe la limite, pas l’appréciation du chef d’équipe.
- Ce qui est souvent mal compris. L’ordonnance sur les travaux de construction ne prévoit pas de réception formelle ni d’inspection périodique annuelle propre aux échafaudages roulants. Ce n’est pas pour autant qu’aucune traçabilité n’est exigée : c’est l’article 32a alinéa 3 qui la porte, à chaque nouvelle implantation.
La SUVA publie une liste de contrôle dédiée, la référence 67150.F sur les échafaudages roulants, qui est le bon support pour formaliser ces vérifications. Pour une machine mise sur le marché comme plate-forme élévatrice mobile de personnel, utilisez plutôt la liste 67064-2.F consacrée aux contrôles sur site des plateformes élévatrices.
Hors chantier, ce qui change et ce qui ne change pas
L’ordonnance sur les travaux de construction ne s’applique qu’aux travaux de construction, au sens de son article 1, notion définie à l’article 2 lettre a comme la réalisation, la rénovation, la transformation, l’entretien, le contrôle, la déconstruction et la démolition d’ouvrages, y compris les travaux préparatoires et finaux. La liste qui suit dans le texte est introduite par le mot notamment : elle est exemplative, pas exhaustive.
Un échafaudage roulant utilisé en permanence dans un atelier pour de la maintenance de machines ne relève pas de ce texte. Attention à la lecture inverse, qui est la plus fréquente : l’ordonnance sur la prévention des accidents, elle, ne s’efface jamais sur un chantier. Hors chantier, vous perdez les articles 61 et 65 ; vous gardez dans les deux cas l’article 32a, avec son obligation de prendre en considération les instructions du fabricant et de consigner les contrôles après montage.
Notre gamme

Alulift, plateforme motorisée
Positionnement électrique de la plateforme par batteries sans entretien, jusqu’à 12 m en intérieur et 8 m en extérieur, 250 kg et deux personnes, trois séries S, M et XL en deux largeurs de châssis, 95 et 139 cm.

Teletower
Pliant et télescopique, deux pièces, environ 55 kg, plateforme 1,40 x 0,70 m réglable sur sept hauteurs de 0,33 à 2,00 m, charge 150 kg, norme EN 1004.

Tubesca-Comabi X-Tower
Deux versions, plancher à 2,00 m ou 2,80 m, 62 ou 72 kg, réglage tous les 25 cm, largeur 0,84 m sans stabilisateurs et 2,05 m avec. Mesurez vos passages avant de conclure.

Roulant ML standard
Cadres soudés en tube cylindrique aluminium, plateformes 0,75 x 1,80 m, hauteurs de plancher de 2,10 à 5,20 m, classe de charge 3, certifié GS selon DIN EN 1004.
La rubrique complète des échafaudages couvre également les versions avec ou sans stabilisateurs, à plateforme simple ou double, avec échelles inclinées ou traverses mobiles, ainsi que les composants et pièces de rechange. Lorsque le besoin porte sur un poste de travail permanent plutôt que sur un accès temporaire, regardez plutôt du côté des plateformes et des escaliers industriels. Sur le modèle télescopique en particulier, notre guide consacré à la sécurité d’un échafaudage roulant télescopique détaille les points de contrôle au montage.
Questions fréquentes
Peut-on rester sur un échafaudage roulant pendant qu’on le déplace ?
Sur les travaux de construction, l’article 65 alinéa 3 de l’ordonnance sur les travaux de construction est explicite : personne ne peut se trouver sur l’échafaudage durant son déplacement. Pour une machine mise sur le marché comme plate-forme élévatrice mobile de personnel, l’ordonnance en fait une catégorie distincte des échafaudages : ce sont alors les instructions du fabricant qui déterminent si la translation avec occupants est admise. Consultez la notice avant de fixer votre consigne.
Un échafaudage à plateforme motorisée est-il un échafaudage ou une nacelle ?
Cela dépend de la déclaration de conformité du fabricant. Notre gamme Alulift est annoncée conforme aux normes EN 1004 et EN 280, cette dernière étant celle des plates-formes élévatrices mobiles de personnel. Demandez le document avant la commande, il indique sous quel régime la machine a été mise sur le marché et donc quelles instructions vous devrez appliquer.
Faut-il faire contrôler un échafaudage roulant tous les ans ?
L’ordonnance sur les travaux de construction ne prévoit pas de contrôle périodique annuel propre aux échafaudages roulants. En revanche l’article 32a alinéa 3 de l’ordonnance sur la prévention des accidents impose un contrôle après chaque montage sur un nouveau site, avec consignation des résultats. C’est un contrôle par implantation, et il doit être tracé. S’y ajoutent, sur chantier, le contrôle de stabilité avant utilisation et le contrôle visuel quotidien.
Quelle hauteur maximale puis-je atteindre ?
Celle qu’indiquent les instructions d’utilisation de votre matériel, et pas davantage. L’article 65 alinéa 2 interdit de dépasser la hauteur maximale d’intervention prévue par la notice. Cette hauteur dépend de la configuration retenue, avec ou sans stabilisateurs, en intérieur ou en extérieur.
Un chantier en hauteur à équiper ?
Dites-nous la hauteur utile, le nombre de changements de niveau par journée, la largeur des passages à franchir et si le travail relève ou non d’un chantier. Nous vous dirons quelle famille nous recommandons, et quand elle ne se justifie pas.
Sources réglementaires et normatives citées : Ordonnance sur la sécurité et la protection de la santé des travailleurs dans les travaux de construction, RS 832.311.141, articles 1, 2, 41, 46, 53, 61, 65 et 121 ; Ordonnance sur la prévention des accidents, RS 832.30, articles 1, 24 et 32a ; guide de la CFST relatif au contrôle des équipements de travail démontables utilisés sur différents sites ; SUVA, listes de contrôle Échafaudages roulants, réf. 67150.F et Plateformes élévatrices PEMP, contrôles sur site, réf. 67064-2.F ; normes SN EN 1004-1:2020, EN 1004-2:2021 et la série EN 280, dans leur édition en vigueur à la date de publication. Les caractéristiques produits proviennent de notre catalogue et de la documentation des fabricants. Ce guide ne se substitue ni à ces documents, ni à l’appréciation de l’organe d’exécution compétent.


